Portrait de madame Rizzo Krystyna Rizzo a le sourire contagieux des gens heureux. En une poignée d’années, la Polonaise de 52 ans s’est imposée comme une figure incontournable du Service d’Aide Familiale de Morges et environ (SAF), une structure que dirige son mari John, depuis mai 2024. « Tous les deux, on se complète, on se soutient et on s’entraide dans cette grande aventure de la vie… »

Krystyna Rizzo est née en 1973, dans le sud de la Pologne. Elle est la troisième d’une famille de cinq filles. Son père travaillait dans la construction, tandis que sa mère s’occupait des enfants. « Elle était toujours là pour nous, et j’ai voulu élever mes propres enfants dans ce même genre d’amour enveloppant », explique la quinquagénaire. Son enfance est vécue proche de la nature et des animaux, via son grand-père qu’elle aidait quasi quotidiennement dans sa ferme.

Sa famille est sa priorité

Après un bac économique, la jeune femme a envie de découvrir l’Ouest. Le rideau de fer s’est finalement et soudainement effondré. En 1993, sa soif de découverte mène la Polonaise dans le Jura, via une de ses sœurs qui y est installée. Puis, elle se retrouve à travailler dans le restaurant italien de ses futurs beaux-parents à Delémont. « Je ne parlais alors pas un mot de français et je me sentais isolée et en même temps, les gens étaient incroyablement accueillants avec moi », se souvient Krystyna Rizzo les yeux embués.

Son histoire d’amour avec John se tisse lentement. En 2001, ils se marient. Le couple est cimenté par sa foi catholique et prie quotidiennement. « Quand il y a un problème, on sait vers qui se tourner », résume Krystyna en regardant en l’air tout sourire. Le jeune couple gère le camping de Delémont et son restaurant. Soit un travail chronophage que complique l’arrivée de leur aîné Marlon en 2005. Lorena suivra en 2009 et Chiara en 2011. Les Rizzo font évoluer leur vie professionnelle, au fil de l’agrandissement de leur famille, laquelle reste leur « priorité». « Au départ, j’avais de la peine à m’imaginer devenir maman, mais une fois que c’est arrivé, j’ai compris ce qu’était l’amour inconditionnel ! », se souvient la mère de famille.

Un métier épanouissant

Sa petite tribu s’installe à Morges en 2010, où elle a la charge du camping TCS local. C’est là, que les Rizzo se lient d’amitié avec Marie-Christine Michel, qui dirige alors le SAF. Grâce à elle, Krystyna Rizzo commence à donner des coups de main au Centre de rencontre de Couvaloup 4. Elle en prendra la responsabilité en 2021. « On a parfois jusqu’à 42 couverts. C’est un lieu rempli de bienveillance. Ces personnes âgées vous redonnent autant qu’on leur donne. Certaines nous disent qu’ici, elles se sentent accueillies et attendues. C’est magique ! C’est plein de partages et d’émotions ! Aux contacts de ces anciens, on mesure toute l’épaisseur de l’existence et ses difficultés. Et puis nous formons comme une grande famille avec nos bénévoles. »

Dans ce centre, ouvert sans distinctions à tous les plus de 65 ans, les gens se nourrissent au moins autant de chaleur humaine que de bonne nourriture. En fin de repas, il arrive que les chefs invités en cuisine, soient applaudis. « C’est une ambiance de bistrot… Au fond, tout le monde aime faire du bien autour de soi, mais parfois les claques de la vie, nous coupe de cet élan », constate Krystyna Rizzo, comme une évidence et elle souligne d’un enième sourire épanoui.

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef de février 2026

C’est une petite activité qui ne paie pas de mine, mais furieusement dans l’air du temps, et que propose l’entraide familiale de Villeneuve et Plaine du Rhône. Les « Repair Cafés », soit « Cafés de réparation » en bon français, ces réunions aux cours desquelles des quidams apportent leurs objets à réparer à des bricoleurs de talent, naissent aux Pays-Bas en 2009, à l'initiative de Martine Postma. C’est en effet cette année-là à Amsterdam, que cette militante pour la durabilité locale organise le tout premier. Le succès est immédiat et fait boule de neige. Il amène la Hollandaise à créer la Fondation Repair Café en 2011. Son objectif est de soutenir le mouvement mondial de lutte contre le gaspillage. Le concept est importé en Suisse dès 2013 par la Fédération Romande des Consommateurs. C’est d’ailleurs avec l’aide de la puissante FRC que l’entraide de Villeneuve se lance en 2018.

« L’idée découlait des marchés gratuits, que nous organisions précédemment. Là, les gens amenaient des choses à donner. Mais, on s’est vite rendu compte que bien souvent, ces articles avaient aussi besoin d’une bonne réparation. Nous avons donc décidé de mettre sur pied notre premier Repair Café », se souvient Myriam Pythoud. La Présidente de l’entraide familiale de Villeneuve et Plaine du Rhône a longtemps eu la responsabilité de cette petite activité. Laquelle a été reprise à l’automne dernier par Thierry Bertholet, un des cinq réparateurs bénévoles. « Tous sont retraités sauf un, qui est professeur à l’Ecole des Métiers, ce qui permet à notre équipe d’être toujours bien outillée. L’un de nos autres bénévoles est une sorte de Géo Trouvetou, capable de fabriquer des outils spécifiques permettant telle ou telle réparation », s’enthousiasme Myriam Pythoud.

Les bricoleurs de génie du Repair Café de Villeneuve dans leurs oeuvres

Une initiative qui a de l’avenir

Le Repair Café est mis sur pied deux fois l’an, à la nouvelle maison de commune intergénérationnelle, située derrière l’église de Villeneuve. « Le dernier l’a été le 28 février 2026 et le suivant aura lieu courant mai, à une date encore à définir. Mais nous ambitionnons à l’avenir de passer à quatre éditions annuelles », précise Madame Pythoud. Lors des éditions printanières, l’association Pro Velo met gratuitement à disposition ses compétences en matière de réparation de cycles. Notons cependant que les prestations du Repair Café peuvent faire l’objet de dons, lesquels viennent ensuite financer l’activité. La manifestation est aussi prétexte à créer du lien social autour d’une petite buvette.

Le plus souvent, les clients viennent avec des appareils électroniques ou électriques, tels que des imprimantes, de vieux radios cassettes, des bouilloires ou des machines à café. Ils sont généralement une dizaine par édition, ce qui permet de prendre le temps de répondre à leurs besoins spécifiques. « L’objectif est aussi de les décomplexer et de leur montrer que ce n’est pas forcément toujours bien compliqué que l’on croit d’apprendre à réparer soi-même », conclut Myriam Pythoud

À noter que la FRC a développé un kit destiné à se lancer et à faciliter le travail des personnes souhaitant mettre sur pied un Repair Café. En parallèle, la fédération propose son expertise de terrain, une assurance RC ainsi que de la promotion dans ses canaux d’information. Et ça marche! En 2022 par exemple, ce sont pas moins d’une centaine de Repair Cafés qui ont été organisés partout en Suisse romande. C’est un joli succès très concret pour l’économie circulaire !

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef de février 2026

Patricia Marquez

Patricia Marquez explique « aimer les gens » et ça se sent. Cette Vaudoise d’adoption de 58 ans a passé la moitié de sa vie à œuvrer bénévolement dans le social. Son constat de départ, qui est plus valable que jamais, est le suivant, et elle l’assène avec gravité : « Sur Vaud, beaucoup de gens privilégiés ont l’impression qu’il n’y a pas de pauvres. Mais évidemment, ils se trompent ! En Suisse, la misère existe même si elle est bien cachée… »

Cette mère au foyer de trois grands enfants adultes est arrivée dans notre pays comme sommelière dans un bistrot d’Evolène (VS). Elle avait alors 23 ans. Depuis toute petite, la native du Pas-de-Calais rêvait de quitter la France. Son enfance n’y avait en effet pas été facile. Antépénultième d’une fratrie de dix enfants, Patricia Marquez a connu la sobriété qu’on doit s’imposer. « Ma maman savait à peine lire et écrire. Mon père était parfois agressif. Ils nous ont élevé tant bien que mal. Nous menions une vie campagnarde sans vacances, ni argent de poche, ni même jouets. On se passait les habits, on dormait à deux ou trois par lit et il n’était pas question de ne pas finir sa soupe. On mangeait les légumes du potager et les volailles que papa élevait. C’était un autre temps. Pour nous, ne pas gaspiller était tout naturel. »

Des petits boulots et de belles rencontres

La quinquagénaire est convaincue que « dans la vie, on a tous une mission ! » La sienne consiste à aider les personnes dans le besoin. Son goût des autres et son sens du contact innés, cette battante les a aiguisés en enchaînant les petits boulots : représentante de commerce, nounou, caissière ou encore vendangeuse. Pendant quelques années, elle sera postière, après avoir passé le CFC correspondant sur le tard. C’est à cette époque, qu’elle rencontre son mari. Le couple aura deux garçons et une fille. C’est en devenant mère au foyer, grâce à eux, que Patricia Marquez découvre sa vocation sociale.

Pour s’épanouir, celle qui est aussi titulaire d’un CFC de vendeuse, commence à récupérer des affaires et à les redistribuer. « Lors de mon arrivée à Vevey, j’avais découvert qu’on déposait des affaires en parfait état sur le trottoir, pour qu’elles soient jetées. Je me suis entièrement meublée en les récupérant. J’étais estomaquée », se souvient-elle. La Glandoise enchaîne ensuite en organisant des « trocs amicaux itinérants », en ouvrant une ludothèque dans un garage de Begnins ou encore en mettant sur pied sa propre entraide alimentaire « les paniers du bonheur » (aujourd’hui en suspens).

Voici trois ans, Madame Marquez lançait la boutique de seconde main « Génération redressed » à Begnins, laquelle essaima du côté de Gland voici six mois avec une autre plus petite, baptisée « Seconde main Kids » Les deux structures sont chapeautées par l’association « La recyclerie solidaire de Begnins », fondée en juillet dernier et qui vient d’intégrer la grande famille de l’Entraide familiale vaudoise, lors de l’assemblée générale de novembre dernier. « On y fait souvent de belles rencontres », constate ravie la « Ch’ti ».

La misère monte

Ces magasins proposent des habits aux 0 - 99 ans mais aussi des accessoires et objets en tout genre, des livres, des bijoux et des jeux. Le tout dans un esprit « anti gaspillage ». Les prix se veulent légers, même s’il faut bien amortir le loyer du local. Le magasin de Begnins est ouvert du lundi au dimanche. Chaque article est contrôlé, nettoyé et étiqueté. Le magasin reçoit entre 15 000 à 55 000 pièces par année. « On jette très peu de chose mais on recycle au maximum, explique Patricia Marquez. Un pantalon usagé peut ainsi par exemple être recyclé en sac, la laine d’un pull abimé détricoté pour retricoter autre chose, etc… »

« À Gland, les gens jettent encore énormément. Je passe donc presque tous les jours à la déchetterie locale pour faire de la prévention et récupérer des articles », précise l’énergique quinquagénaire. Quatre personnes sont au comité de son association, mais c’est Patricia Marquez qui gère une grosse partie des heures de vente seule. Soit une moyenne astronomique totale de 72 heures de travail hebdomadaire. « Notre projet est humanitaire. On aide les gens, on discute, on boit parfois un café. Il arrive que des clochards viennent chez nous. Ils tiennent parfois à nous verser un franc ou deux. C’est pour eux une manière de garder leur dignité. En 30 ans de bénévolat dans le social, je vois de plus en plus de misère. Les salaires stagnent ou baissent tandis que la vie augmente…» constate tristement cette spécialiste de la précarité. Dons et bénévoles motivés sont les bienvenus !

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef de décembre 2025

Portrait de Mireille Guex

C’est en 1993 que Mireille Guex a remplacé la présidente de l’entraide familiale de Bex – Gryon - Lavey. À l’époque, la Bellerine avait préféré prendre le titre de coordinatrice. Elle pensait en effet seulement assurer un intérim de quelques mois. Mais 32 ans plus tard, celle qui est devenue entre-temps une retraitée épanouie, est toujours en place. Cela fait pourtant maintenant déjà six ans qu’elle, ainsi que deux autres membres du comité, aimeraient passer la main, après de longues années de bons et loyaux services rendus. Le problème est que les remplaçants potentiels ne se bousculent pas au portillon. « Les jeunes générations sont prises entre quantités d’engagements et de contraintes. Et puis, beaucoup semblent croire que notre mission est très chronophage et énergivore. Ce n’est pourtant pas le cas ! Mais elle est en revanche très enrichissante humainement et permet de faire quantité de belles rencontres », explique Mireille Guex. La Vaudoise est née à Bex en 1949. Ses parents y dirigeaient l’imprimerie locale, laquelle publiait essentiellement le défunt Journal de Bex. Mireille Guex est la cadette d’une fratrie de deux sœurs. Après une maturité classique à Lausanne, sa fibre scientifique la pousse à entrer à l’école de technicienne de laboratoire de Neuchâtel. C’est au collège, qu’elle fait la connaissance de son mari Philippe, qu’elle épouse à l’âge de 22 ans. Lui est ingénieur chimiste. Le couple aura deux enfants : une fille de 49 ans, qui est infirmière et un garçon de 47 ans, qui a étudié le génie de l’environnement à l’EPFL. C’est en 1982 que Mireille Guex est rentrée à l’entraide familiale de Bex – Gryon - Lavey. « Cela s’est fait via le Mille-Pattes, qui n’était alors qu’une halte-garderie, où étaient inscrits mes enfants », explique-t-elle. Rapidement, la jeune maman prend des responsabilités au sein de cette structure. Cela la pousse à entrer au comité de l’entraide locale en 1985. Avec les années, la septuagénaire a l’impression de ne plus être aussi efficace qu’avant et aspire à passer la main pour redynamiser son association. Laquelle propose quatre activités : l’aide alimentaire de l'entraide familiale, le Jardin d’enfants « Le Mille-Pattes », la ludothèque - SELudo et ses manifestations (soirées jeux, nuit du conte, et tout récemment le loto). Avis aux amateurs !

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef d'octobre 2025

Delphine Jouve

Depuis fin mai, Delphine Jouve remplace Danielle Wegener à la tête de l’Entraide familiale de Chexbres, Puidoux, Rivaz, St-Saphorin. Née en 1976 à la Conversion, cette mère de famille pratique le bénévolat depuis de longues années notamment dans des domaines liés à l’enfance. C’est par une simple annonce, passée dans le journal communal, qu’elle a intégré notre association voici 4 ans en prenant en main les cours de gym parents-enfants. « Je donne ces cours avec ma fille cadette. Ce sont des moments très sympathiques qui permettent aux parents de s’offrir un moment de qualité et de complicité avec un de leur enfant», explique la résidante de Chexbres.

Plus jeune, après avoir des séjours linguistique en Allemagne et en Grande-Bretagne, la Vaudoise s’est lancé dans des études de tourisme. Soit une voie qui nourrissait son côté très organisée et son goût des autres. Après quatre années de pratique, en accord et avec l’aide précieuse de son mari Luc, elle s’est consacrée à l’éducation de leurs filles aujourd’hui âgée de 16, 18 et 21 ans. La quadragénaire est animée depuis l’enfance d’une foi chrétienne fervente « dont les valeurs recoupent pour beaucoup celles de l’entraide », remarque celle qui boucle actuellement une formation de coach familiale.

Commencer par une phase pour écoute

En tant que présidente, elle est d’abord désireuse de prendre le temps de comprendre comment tout cela fonctionne pour éventuellement ensuite réfléchir à de nouveaux projets. « Sans vouloir tout révolutionner, il en faut immanquablement une dose de nouveauté pour qu’une association continue de se déployer et de nourrir sa communauté. »

L’Entraide familiale de Chexbres, Puidoux, Rivaz, St-Saphorin propose une ludothèque, des transports accompagnés, une halte-jeu, un jardin d’enfant, des cours de gym, des cartons du cœur et une activité confiture aux agrumes. La Vaudoise se réjouit de pouvoir compter sur l’aide précieuse de Claire Montez pour gérer la comptabilité et les aspects administratifs. L’un de ses défis consistera à convaincre de nouveaux bénévoles à donner de leur temps pour l’entraide. Elle ambitionne de travailler « dans un esprit d’équipe favorisant la créativité et la bienveillance ».

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef de juin 2025

Merci chère Danielle !

Danielle Wegener enfant

Quelques 21 ans après son arrivée sur Chexbres et tout autant auprès de notre Entraide familiale, Danielle Wegener a démissionné de son poste de présidente lors de notre AG du 20 mai. Pilier de l’association depuis deux décennies, elle y fut secrétaire, vice-présidente, présidente, coordinatrice des devoirs surveillés et bénévoles à la ludothèque. Danielle, c’est la mémoire vive de notre Entraide familiale! C’est celle sur qui nous reposions lorsque nous avions un doute, celle qui savait comment faire dans une situation délicate, celle qui savait pourquoi les choses se faisaient ainsi sans jamais être réticente aux nouvelles idées ; bien au contraire. Avec humour, élégance et diplomatie, Danielle a su concilier une vie de famille bien remplie, ses activités communales et associatives au sein de notre belle région. Nous tenions à la remercier du fond du cœur pour son engagement, sa bonne humeur et sa générosité. Et tâcherons de reprendre le flambeau de notre association qui fêtera ses 60 ans en 2028 !

Céline Debray
Membre du comité de l'Entraide Familiale de Chexbres, Puidoux, Rivaz et St-Saphorin

La traditionnelle assemblée générale de printemps de l’entraide familiale vaudoise s’est tenue le 22 mai dernier, à Saint-Triphon à l’initiative de notre association locale de l’entraide familiale d’Ollon. Qu’elle en soit remerciée ! Cette soirée s’est déroulée en présence du Comité, de la Présidente du Conseil communal local ainsi que d’une trentaine de nos membres représentant treize de nos associations.

Jean-Marc Chevallaz, président de l'EFV, remet un bouquet à Julia Maheret, Présidente de l'entraide d'Ollon Jean-Marc Chevallaz, président de l'EFV, remet un bouquet à Julia Maheret, Présidente de l'entraide d'Ollon

ORGANISATEURS

Julia Macheret, Présidente de l’association d’Ollon, fondée en 1970, a prononcé un mot de bienvenue et présenté brièvemment ses activités phares : les traditionnelles ventes-échanges, les cartons du cœur, le service de livraisons de repas à domicile et l’accueil des nouveaux retraités AVS. Rappelons que l’entraide d’OIlon a été honorée il y a peu du Mérite Boyard 2024, lequel est venu saluer un demi-siècle d’engagement et de dévouement pour la communauté locale.

PROCÈS-VERBAL

Celui de l’assemblée générale d’automne du 5 novembre 2024 de Rolle a été approuvé.

RAPPORT D’ACTIVITÉS 2024

Il a été adopté. Notre secrétaire générale – directrice Janick Chatelain a rappelé qu’au cours de l’année dernière, la faîtière avait notamment soutenu de son mieux les associations régionales, cinq d’entre elles ayant bénéficié d’un don de 93'200 fr de la Loterie romande, organisé les interrégionales, les séminaires et la désormais traditionnelle semaine des entraides. Elle a également géré la communication interne entre la faitière et les associations et proposé des soutiens informatiques et, nouveauté 2024, produit des capsules vidéos. Un accent sur ce dernier point sera d’ailleurs mis en 2025. L’objectif est de mettre en avant telle activité ou telle manifestation.

INFORMATIQUE

Notre informaticien Cédric Chatelain a encouragé les associations membres ayant besoin de soutien bureautique ou informatique à le contacter. Notre site internet progresse et Cédric travaille à sa refonte en profondeur. Il a enregistré +13% de visites en 2024 soit 222'258. Cédric a notamment géré le serveur de fichiers, produit des capsules vidéos et réalisé des dépannages.

COMPTES 2024

Ils ont été approuvés. Les comptes d’exploitation affichent un résultat d’exploitation de - 21'785 fr entièrement lié au projet intergénérationnel et couvert par le fonds correspondant. . Notre journal JEF a quant à lui enregistré un déficit de – 8'085 fr, lequel a été couvert par le fond journal et par un don de la fondation Ficher. La commission de gestion et des finances a notamment souligné de son côté, par la voix de Daniel Besson son rapporteur, que le montant des dons reçus de la Loro prouvait le sérieux du travail effectué. Elle a aussi encouragé le comité à continuer à travailler au futur passage de témoin de notre secrétaire générale – directrice, laquelle partira en retraite en mars 2027.

ÉLECTIONS STATUTAIRES

Jean-Marc Chevallaz a été reconduit dans ses fonctions de président pour deux ans. La commission de gestion et des finances a également été reconduite entièrement. Il s’agit de Christiane Savary, John Rizzo, Julia Macheret et Daniel Besson. L’organe de révision Berney associés est également reconduit pour la révision des comptes pour l’EFV en 2025.

OBJECTIFS 2025

L’année sera inévitablement marquée par la semaine des entraides. Laquelle aura lieu du 6 au 13 septembre 2025 et se clôturera sur une journée à la Maison Pulliérane le samedi 13 septembre. Un numéro spécial du JEF4 sortira à cette occasion. JOURNAL Michèle Bruttin, présidente du Comité de rédaction du JEF, a souligné la bonne collaboration de l’équipe ciselant le journal. La collaboration, qui s’est ouverte en 2024 avec la régie publicitaire de Saripress SA, a en revanche pris fin. Elle a cessé à l’issue d’une année test fructueuse mais nous a appris quelques bases pour gérer cet important domaine du journal. Lequel le sera à l’interne pour l’instant mais sous les conseils avisé d’un professionnel extérieur. Les associations membres sont invitées à se servir du journal pour témoigner de la vie de leur structure et se faire connaître.

AG D’AUTOMNE 2025

Elle se tiendra au Mont-sur-Lausanne le 5 novembre prochain grâce à l’Association locale. L’assemblée générale de printemps 2026 sera quant à elle organisée par l’association de Villeneuve entre fin mai et début juin. Un grand merci à ces deux sections !

Josiane Panchaud élue membre d’honneur

L'heureuse membre d'honneur entourée par l'ancienne et l'actuelle présdente de l'entraide d'Ollon L'heureuse membre d'honneur entourée par l'ancienne et l'actuelle présidente de l'entraide d'Ollon

À l’occasion de cette assemblée générale, Josiane Panchaud a été élevée au rang de membre d’honneur. Et ce alors qu’elle vient de quitter la présidence de l’Association le Trait d’union. La Chablaisienne, fraichement retraitée, est une figure de l’Entraide familiale vaudoise (EFV). Elle est entrée au comité de notre association d’Ollon deux ans seulement après son retour dans son lieu d’enfance en 1995. Puis elle a assumé la responsabilité de présidente de 1997 à 2012, mais est restée au comité jusqu’en 2015. Issue d’une famille paysanne, la native d’Ollon est née en 1956. Mariée à un menuisier-charpentier, elle-même infirmière de profession et mère de deux filles, Josiane a su anticiper les défis liés notamment à la petite enfance. Le lancement de l’Unité d'Accueil Pour Ecoliers (UAPE) locale, le Trait d’Union, encouragée par l’ancien président de l’EFV Martial Lambert, l’a poussée à quitter le comité de l’EFO en 2015 pour se consacrer à la présidence de l’Association le Trait d’Union. Cette entité qu’elle a constituée avec un nouveau comité, a tout naturellement demandé sa réintégration à l’EFV. C’est ainsi que l’UAPE Le Trait d’Union, gérée les 10 premières années par l’EFO, a pris son envol et demeure un grand succès aujourd’hui et célèbre cette année ses 20 ans d’existence. Depuis la rentrée scolaire 2024, Le Trait d’Union, a investi de magnifiques nouveaux locaux de 331 m2 au sein de l’extension du Collège Perrosalle. Merci Josiane pour tout ce que tu as su apporter aux familles d’Ollon tout au long de ces deux décennies !

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef de juin 2025

En mars 2024, notre propriétaire FENACO a rompu le bail pour mars 2026. Cette entreprise avait en effet besoin des locaux pour son développement. A l’heure actuelle, nous disposons d’une surface totale de vente de 544 m2, soit la surface des locaux FENACO de 480 m2, à laquelle s’ajoute celle de deux containers provisoires de 32 m2 chacun. Nous devrons vendre ces deux containers, car ils prennent de la surface au sol. Nous avons donc besoin d’une surface au moins identique à celle que nous occupons aujourd’hui, soit 544 m2 au total.

Dès la réception de la résiliation, nous nous sommes mis à la recherche de nouveaux locaux dans la région d’Yverdon-les-Bains. Nous avons finalement trouvé un espace de 600 m2 à la Rue des Uttins, dans les bâtiments de Cybelec. Malgré un effort de la part d’Intershop pour abaisser le loyer, ce dernier se monterait à 10'000 fr. par mois, charges non comprises, soit 3'000 fr. de plus qu’actuellement.

Nouvelles bénévoles recherchées

Pour assumer cette différence, il serait nécessaire que notre entraide familiale yverdonnoise (EFY) ouvre son magasin un après-midi supplémentaire chaque deux mois. Actuellement, plus de 60 bénévoles se répartissent les deux après-midis et deux soirées hebdomadaires d’ouverture du magasin. Ce sont souvent des dames relativement âgées et il n’est pas facile de les remplacer lorsqu’elles quittent leurs fonctions. Une ouverture supplémentaire impliquerait de trouver une quinzaine de nouvelles bénévoles, ce qui semble très compliqué.

Ce magasin de seconde main a énormément de succès et répond aux besoins d’une partie de la population qui vit dans la précarité, en lui permettant d’acheter des vêtements ou objets courants à très bas prix. La fonction de vestiaire permet également la revente par nos membres d’articles qui ne sont plus utilisés, favorisant l’économie circulaire. Le 70% du prix est restitué au vendeur. Les jeunes adultes représentent une part importante de notre clientèle, car ils sont très sensibles au développement durable.

Nouveaux locaux plus onéreux

Les locaux proposés à la location par Intershop à la rue des Uttins permettraient à l’EFY de poursuivre ses activités, au service de la population, tout en lui offrant une possibilité de se développer, grâce à une surface légèrement supérieure à celle louée actuellement. L’accès en transports publics serait très bien desservi grâce à un arrêt TRAVYS à proximité directe.

Afin de pouvoir pérenniser son activité, l’EFY a sollicité une aide financière auprès de la commune, sous forme d’une prise en charge d’une partie du loyer mensuel, à hauteur de 2000 fr mensuels soit 24'000 fr. par année. Si nous arrivions à mettre sur pied l’ouverture d’une cinquième demi-journée de vente, nous pourrions renoncer à l’aide communale, après une phase de lancement. Nous attendons avec impatience une réponse de la Municipalité que nous espérons favorable. L’EFY est une association yverdonnoise qui remplit pleinement son rôle auprès de la population depuis plus de 70 ans. Son succès est notamment dû à l’engagement de bénévoles très fidèles et expérimentées, et à sa vocation de favoriser l’économie circulaire.

Claude-Anne Jaquier
Présidente de l’EFY

Président de l’association d’entraide familiale de Rolle et environs durant de nombreuses années, JR, comme chacun l’appelait affectueusement, nous a quittés sans jamais perdre sa verve teintée d’un humour sans faille, même face à la maladie. C’était le 29 avril dans sa 77e année. Personnalité forte toujours tournée vers les autres, JR a longtemps participé à la Commission « Avenir ». Brigitte Zeller, Présidente de l’entraide familiale d’Orbe, qui l’a bien connu explique : « JR m’a toujours impressionnée par son énergie et son enthousiasme. J’ai admiré sa façon d’être et d’agir ». Alors mille mercis cher JR pour tout ce que tu as donné au sein de notre association ! Nous sommes de tout cœur avec ta famille et tes amis en ces jours de deuil.

Janick Chatelain

J’ai fait la connaissance de l’ami JR, alors président de l’EF de Rolle, au sein du comité Avenir. Il était un grand connaisseur des divers services à mettre en route pour les bénéficiaires. Immédiatement dans nos séances, il savait comment et où il fallait faire bouger les « choses ». D’un abord très jovial, et efficacement simple en y mêlant un brin d’humour, il faisait passer les objets ! Lorsque la séance avait un « coup de mou », il nous annonçait avec un sérieux très relatif afin de nous remobiliser : « Ben on va louper le train de 18h parce que nous avons encore du pain sur la planche! » Bon repos cher JR et merci de nous avoir transmis une bonne partie de tes connaissances !

Antoine Potterat

Le service d’aide à la famille (SAF) Le Mont-sur-Lausanne et environs couvre cinq communes : Le Mont, Cugy, Morrens, Bretigny et Froideville. Daniel Besson, municipal montain en charge du dicastère « Ressources et cohésion » le préside depuis avril dernier. C’est en effet un élu de chacune des communes concernées qui endosse la présidence à tour de rôle. Le Vaudois de 66 ans a fait une carrière d’informaticien à Swisscom avant de se lancer en politique.

Cette association se focalise sur une seule activité : les transports accompagnés. Laquelle tourne grâce à deux coordinatrices, un caissier, une secrétaire et une trentaine de chauffeurs bénévoles défrayés. La plupart sont retraités tout comme leurs bénéficiaires. Ils travaillent au volant de leur véhicule privé et les kilomètres à vide entre leur domicile et le lieu de prise en charge sont comptabilisés dans le total.

Portrait de Daniel Besson

Il s’agit principalement de transports pour les rendez-vous médicaux, faire des courses et amener les bénéficiaires au CAT. En 2024, 106 personnes ont ainsi bénéficié de ce service, ce qui a représenté 1'360 transports et 25'000 km. En 2003, ces chiffres se montaient à « seulement » 368 transports pour 4'900 km. Mais Le Mont est passé en quelques années de 6'000 à bientôt 10'000 habitants et les projections pour 2040 parlent de 13'000. « Dans ce contexte, ce service répond à un véritable besoin. Il est d’ailleurs en croissance chaque année depuis 2018, se félicite Daniel Besson. Si les communes devaient organiser elles-mêmes ce service, cela représenterait de gros coûts ! »

Ces dernières années, l’activité accusait annuellement une perte de 12'000 fr par an. Mais elle est désormais mieux soutenue par les communes. Car chacune d’entre elles lui verse 20 centimes par habitant ce qui représente tout de même 1'950 fr pour Le Mont, par exemple.

Du lien social

Comme dans beaucoup d’autres associations, recruter des bénévoles reste un défi. Cela se fait par le bouche à oreille et via les évènements communaux. La cotisation annuelle pour bénéficier de ce service est de 25 fr mais passera l’an prochain à 30 fr. Chaque personne transportée doit ensuite verser au chauffeur bénévole 1 fr par kilomètre parcouru, ce qui est très inférieur au prix d’un taxi d’autant que les assurances maladie prennent bien souvent en charge une partie de la facture.

« Cette activité crée du lien social. C’est précieux et inchiffrable ! Bénévoles et bénéficiaires finissent par se connaitre et s’apprécier. Et puis nos chauffeurs apprécient beaucoup de continuer à se sentir utiles à la communauté », résume Daniel Besson. Du côté des bénéficiaires, la gratitude est de mise et les « mercis » nombreux. « Ils ont bien conscience qu’il s’agit avant tout d’un geste social et non pas commercial », confirme Daniel Besson.

Ce père de deux grands enfants, qui a également trois petits-enfants, est lui-même actif dans le bénévolat. Il s’est longtemps impliqué au sein de la société de gymnastique locale. « Au départ, c’était une manière de s’intégrer et de m’enraciner localement, se souvient ce Lausannois d’origine, cela a bien fonctionné et j’encourage tout ceux qui voudraient se lancer à le faire. En donnant de son temps et de son énergie, on reçoit énormément en retour ! »

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef de juin 2025

L’association en quelque dates

Création du SAF le 24 mars 1963, seulement pour la commune du Mont-sur-Lausanne. Cugy adhère en 1968. En 1991, le SAF propose aux Communes de Bretigny, Morrens et Froideville de se joindre à l’Association, suite de l’ouverture du CMS qui regroupe les 5 communes. Le SAF s’occupant des repas chauds, il était intéressant de travailler ensemble. Un réseau de mamans de jour est créé. En 1996 s’est constitué un groupe de bénévoles qui avait comme activité les transports, visites et promenades, les achats et petits travaux de bricolage. Dès 2002, le réseau de mamans de jour fusionne avec celui d’Echallens et n’est donc plus géré par le SAF du Mont.

Une classe de français en pleine action

« Ces cours de français m’aident au quotidien mais ils sont précieux aussi pour garder le contact avec d’autres mamans de la région, se faire comprendre lors de réunion avec la maitresse de ma fille ou l’aider lors de ses devoirs », explique en substance Luna tout sourire. L’Erythréenne de 29 ans est arrivée en Suisse voici 9 ans. Elle est l’une des 50 apprenants bénéficiant des cours de français dispensés cinq fois par semaine à Vallorbe par Entr’aide 2030, notre association locale. Il lui en coûte la somme symbolique de 30 francs par semestre.

Bonne humeur et coopération

Portrait de Genève Leresche et deux de ses enseignantes bénévoles
Genève Leresche entourée de deux de ses enseignantes bénévoles

C’est Geneviève Leresche qui dirige cette activité depuis 2019. « Il est très gratifiant de voir la progression et la motivation de nos élèves. Il y a une belle bienveillance entre nous tous », se félicite cette ancienne infirmière scolaire de 69 ans. Son équipe se compose de sept enseignantes bénévoles dont deux remplaçantes. Mais ce sont aussi les élèves eux-mêmes qui parfois expliquent à leurs collègues telle ou telle règle grammaticale ou tel point orthographique. Pour beaucoup, l’oral est plus facile que l’écrit. Ils apprennent au sein de trois groupes de niveaux : débutants, intermédiaires et avancés. Ce matin, les débutants s’échinent à apprendre l’heure dans une bonne humeur contagieuse. Les intermédiaires se frottent aux subtilités de l’imparfait et du passé composé. Et les avancés se voient expliquer des notions en lien avec le monde du travail, LPP et AVS comprises.

Portrait d'une classe de français et leur enseignante L’ambiance est très « United Colors of Benetton ». Dans le groupe, on trouve en effet des personnes originaires du Burkina Faso, d’Asie, du Pérou, de Syrie, de Macédoine, du Brésil, d’Italie, du Portugal ou encore du Kosovo. « Ici, on n’apprend pas seulement le français mais on cultive aussi le lien social », souligne Sylvie Jeannin, jeune retraitée du commerce international qui enseigne là depuis janvier. Et effectivement, plusieurs de ses élèves ont lié amitié et se côtoient en dehors des cours. Lesquels sont donné à la Salle Jean XXIII, mise gracieusement à disposition par la Paroisse catholique locale et les jeudis au Foyer des Fontaines.

Un beau projet de garderie

Il y a aussi quelques enfants venus avec leur mamans. D’autres mères ne peuvent participer aux cours précisément car elles ont plusieurs enfants à charge et cela perturberait trop les cours. « Leur intégration y perd et leur isolement s’en trouve renforcé », explique Sylvie Jeannin. C’est pourquoi, Geneviève Leresche projette d’organiser dès la rentrée prochaine un système de garderie sur place géré par des encadrantes défrayées. « Mais le recrutement de nouveaux bénévoles est difficile », souligne Geneviève Leresche. Le Bureau cantonal pour l'intégration des étrangers et le canton pourraient subventionner le projet à 70%. Avis aux généreux donateurs ou mécènes pour ce qui est du 30% restants…

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef de juin 2025

Après 17 années passées dans nos locaux actuels, l’heure est venue pour notre structure de vivre un grand changement : Un déménagement est prévu pour la rentrée d’août prochaine dans de tous nouveaux locaux.

Notre futur lieu d’accueil et de vie se situe à environ 50 m mais il représente bien plus qu’un changement d’adresse. Il s’agit d’un véritable défi : Transposer notre projet, nos valeurs et l’ambiance que nous affectionnons dans ce nouvel espace.

Toute l’équipe et les enfants (qui ont suivi le chantier de près…) sont enthousiastes et chacun participe à sa façon à ce jeu de construction géant : Démonter, déplacer, réfléchir, et construire la suite.

Notre projet pédagogique restera bien sûr inchangé dans ses fondements : Le vivre ensemble, l’accueil en groupes verticaux et le lien avec la nature continueront de guider nos actions quotidiennes et de nourrir les expériences des enfants.

Nouveau lieu = Nouveau logo !

Nous sommes également heureux de vous présenter nos nouvelles identités visuelles :

logo crèche l'Arbre à Musique logo UAPE le Baobab logo association l'Arbre à Musique

Il était une fois un petit groupe de 30 personnes habituées à se rencontrer lors des repas des mercredis au Foyer des Fontaines, bénéficiaires et bénévoles sont partis en vadrouille le mercredi 21 mai 2025 pour fêter les 15 ans d’existence de cette joyeuse tablée…en route pour le chalet des Cernys sur les hauts de Ballaigues où nous avons partagé le repas…fondue, croûte au fromage ou assiette de charcuterie, salade de fruits frais en dessert et un petit verre de vin pour trinquer, quel beau moment de partage et de « batoillée ».

photo du groupe attablé au chalet des Cernys

photo de Flara et Olivia avec Annabelle Franche en arrière plan

Flora s’accroche à son sourire doux et à celui rayonnant de sa petite Olivia, née en décembre dernier. Cette jeune maman de 30 ans bénéficie depuis peu des « bichonnages » de l’association SuperMamans, laquelle a intégré notre faîtière lors de notre dernière assemblée générale et que nous vous présentions dans le dernier numéro de 2024. En cet après-midi de fin février, la fraichement résidante de Bussigny ouvre sa porte pour la cinquième fois à une bénévole de l’association. Aujourd’hui, c’est Annabelle Franche, Présidente de l’association qui se coule à nouveau avec plaisir et doigté dans son rôle de « Maman cadeau » (lire son portrait dans notre numéro de février).

Une maman et son bébé en deuil

La Québécoise de 49 ans a des centaines de bichonnages à son actif. Aujourd’hui, elle est venue avec une quiche aux légumes « testée et approuvée par mes enfants », précise-t-elle en souriant et de délicieux muffins à l’orange. « C’est ce que l’on a mangé et concocté ensemble hier soir et on en a simplement fait une bonne portion de plus », précise la quadragénaire. Mais ce que la bénévole amène surtout avec elle, c’est son écoute et son sens de l’empathie. Flora apprécie. C’est aussi pour cela qu’elle a décidé de bénéficier de l’aide des SuperMamans. La jeune mère traverse en effet une phase extrêmement difficile de sa vie. Le 7 septembre dernier, son compagnon Cédric Carrard est décédé subitement d’un arrêt cardiaque sur un terrain de football. Le Vaudois de 33 ans a laissé derrière lui beaucoup d’amis et de tristesse mais surtout sa femme et le bébé à venir qu’ils attendaient tant !

Alors pour la petite Olivia, Flora, qui est infirmière au CHUV, s’efforce de tenir le cap. « Certains soirs, j’aurai pu me contenter d’un quignon de pain et aller me coucher tant j’étais fatiguée », se souvient la trentenaire qui en est à sa cinquième visite d’une SuperMamans. « Ces bénévoles sont prévenantes. On discute beaucoup. On se sent écoutée. Un jour, j’aurai envie de rendre un peu de ce qu’elles m’ont donné », explique-t-elle. Sa fille sort juste de sa sieste. Annabelle Franche la dorlote un moment. « Si on fait ça, c’est quand même aussi pour sniffer de la tendresse de bébé », commente en riant la Canadienne.

Faire fleurir du lien social

Les deux femmes ont 20 ans d’écart mais un même vécu de mère en commun. Entre elles, le courant passe bien et leur communication s’avère immédiatement simple et profonde à la fois. « Ces échanges avec des mamans relève véritablement de l’entraide dans le mesure où elles se font à double sens et que chacun en ressort avec quelque chose de positif », relève Annabelle Franche qui a déjà des centaines de bichonnage à son actif. Il n’est pas rare aussi que ces contacts débouchent sur des amitiés ou simplement des moments d’échanges informels plus tard lorsque maman bichonnée et maman cadeau tombent l’une sur l’autre par hasard au supermarché ou ailleurs. « En cela, nous faisons véritablement fleurir du lien social ! », conclut joyeusement Annabelle Franche. Notons que son association recrute toujours des « Mamans cadeau » pour aller soutenir des mamans demandeuses et que les papa sont eux aussi les bienvenus…

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef d'avril 2025

Portrait de John Rizzo

Bosseur. L’adjectif pourrait avoir été inventé pour John Rizzo. En mai 2024, le Jurassien de 53 ans remplaçait Marie-Christine Michel à la tête du Service d’Aide Familiale de Morges et environ (SAF). Sacré défi que celui de succéder à cette figure de l’organisation, laquelle y a tant donné de sa personne quatre décennies durant ! Mais ce père de trois enfants de 13, 15 et 20 ans a de la ressource et son curriculum vitae étoffé a su le démarquer des autres candidats au poste.

Un CV étoffé

Le quinquagénaire est né en1972 à Boécourt (JU) puis a grandi à Genève de ses 6 à ses 16 ans avant de revenir dans le Jura. De ses parents, actifs dans l’hôtellerie-restauration, il a hérité du goût du travail et d’une belle endurance pour l’abattre efficacement. Jeune homme, après un apprentissage d’employé de commerce, il a enchainé sur un CFC de Cafetier-restaurateur par goût comme par tradition familiale. Après dix années comme restaurateur, il a bouclé à 28 ans un cursus à l’école hôtelière de Genève devenant ainsi cadre en gestion hôtelière.

Avec son épouse et amour de jeunesse d’origine polonaise Krystyna, connue alors qu’elle était sommelière dans l’établissement de ses parents, le Jurassien a ensuite repris la gestion du camping TCS et de son restaurant à Delémont. « C’était du 7 jour sur 7 et 16 heures de travail par jour… », se souvient-il. C’est en 2011 que le couple s’installe à Morges où la reprise du camping local de 200 emplacements lui tend les bras. C’est là, d’ailleurs que les Rizzo font la connaissance de Marie-Christine Michel, laquelle y a un emplacement à la belle saison. Il y restera jusqu’en 2021.

Avec l’aide précieuse de sa prédécesseure

Entre temps, notre homme avait aussi officié deux années durant comme inspecteur au bureau des marchés et des manifestations de la ville de Lausanne. Au SAF, la première année est dense mais se passe bien. Accompagné avec bienveillance par sa prédécésseure, devenue une amie et qu’il tient à remercier « pour son aide précieuse », le Jurassien apprend les ficelles du métier. Et il y en a beaucoup puisqu’il a six activités, 35 employés et 80 bénévoles sous ses ordres ! (lire ci-dessous) Soit une véritable PME qu’il faut faire tourner avec efficacité et humanité! Mais il s’agit là encore de deux qualités parfaitement dans les cordes de John Rizzo.

« Je me suis toujours investi à 100% dans mes différents postes. J’aime les challenges et celui-ci est porteur de sens puisque l’on travaille dans et pour l’humain ce qui est très gratifiant », confie le quinquagénaire en souriant. « Je suis de nature serviable et empathique et cela m’a toujours été très utile dans ma vie professionnelle », remarque aussi ce catholique qui confie prier quotidiennement. Sur son rare temps libre, le directeur du SAF aime courir et randonner dans la nature en famille. Vous avez dit « endurant » ?

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef d'avril 2025

La conférence sur le thème « adolescents – connexion et collaboration » du 5 mars dernier, organisée par l'Entraide Familiale de St-Prex en collaboration avec Céline Claessens de Céline Coaching, a offert aux parents des clés essentielles pour renforcer leur connexion et leur collaboration avec leurs adolescents. Ce fut une soirée riche en échanges et en outils concrets pour mieux comprendre cette période de transition, souvent marquée par des incompréhensions et des tensions au sein des familles.

Pourquoi est-il parfois si difficile de dialoguer avec son adolescent ? La conférence a permis d'apporter des réponses en s'appuyant sur des références solides, telles que les travaux de Daniel Siegel, qui compare le cerveau de l'adolescent à un chantier en construction, en pleine restructuration, ce qui explique leurs réactions parfois imprévisibles. De plus, les 7 besoins fondamentaux définis par Michel Fize ont été abordés afin de mieux comprendre ce qui est essentiel pour un adolescent : besoin de confiance, de dialogue, de sécurité, d’autonomie, de responsabilités, d’affection et d’espoir.

Des outils concrets pour une meilleure connexion

Afin d'aider les parents à tisser une relation de confiance avec leur adolescent, plusieurs outils ont été présentés et expliqués en détail : L'écoute active : apprendre à accueillir la parole de son adolescent sans jugement, en reformulant ses propos pour vérifier la compréhension et montrer un réel intérêt ; Exprimer clairement ses attentes : au lieu d'imposer des règles de manière autoritaire, il est préférable d'expliquer ce que l'on attend de l'autre ; Le message "je": plutôt que d'accuser ou de blâmer, il est préférable d'exprimer ses ressentis et besoins sans mettre l'autre sur la défensive ; La réunion familiale : mettre en place un espace de parole régulier où chaque membre de la famille peut exprimer ses besoins, proposer des solutions et participer à la prise de décision ; Les jeux (coopératifs) : utiliser le jeu pour renforcer les liens et travailler la collaboration au sein de la famille.

Favoriser la coopération au quotidien

La conférence a également mis en lumière des stratégies pour encourager la collaboration avec les adolescents, qui ont besoin de se sentir impliqués et respectés dans les décisions familiales : Offrir des choix : responsabiliser les adolescents en leur donnant la possibilité de choisir dans un cadre défini ; Éviter le chantage : plutôt que d'utiliser des sanctions ou des menaces, utilisez le mot « quand » dans votre formulation ; Adopter une posture de curiosité: poser des questions ouvertes, chercher à comprendre leurs besoins ; garder son focus : se concentrer sur l'objectif à long terme plutôt que sur des détails conflictuels ; s'accorder entre parents : assurer une cohérence éducative et éviter les contradictions qui peuvent créer de la confusion chez l'adolescent ; utiliser la réunion familiale : impliquer toute la famille dans la prise de décisions importantes afin de renforcer l'engagement et le respect mutuel.

Un grand merci à toutes les personnes présentes pour leur participation active et leurs partages d'expériences. Ces outils sont des premières pistes pour avancer ensemble et renforcer le lien avec nos adolescents. Parce qu'être parent n'est pas toujours simple, mais qu'on peut être accompagné !

Entraide Familiale St Prex Etoy Buchillon
Article paru dans le jef d'avril 2025

Photo-portrait d'Annabelle Franche

Lors de la dernière assemblée générale de l’EFV, l’intégration de l’association SuperMamans au sein de notre faîtière a été entérinée. À cette occasion, sa présidente Annabelle Franche a conquis les personnes présentes par son dynamisme et son enthousiasme. Nous sommes allés à sa rencontre dans un troquet lausannois. Cette Canadienne est née à Ottawa en 1975. Souffrant d’une malformation cardiaque, les médecins pronostiquèrent alors à ses parents qu’elle ne pourrait jamais avoir d’enfants. Fort heureusement, ils se trompaient… et elle en a eu deux : Arianne née en 2006 et Laurent né en 2010. Et en un sens, elle en a même un troisième, même si ce n’est pas elle qui a conçu celui-là : c’est l’association SuperMamans. Reconnue d'utilité publique par le canton de Vaud, elle s’est fixée pour but, via des distributions de repas et des visites à domicile, de « bichonner » des familles venant d’avoir un bébé, en attendant un ou si l’un des membres est soudainement malade.

Après des études en lettres françaises et en cinéma à l’université d’Ottawa puis à celle de Montréal, la quadragénaire a travaillé une dizaine d’années pour Alliance Atlantis Vivafilm, un gros groupe audiovisuel canadien. Annabelle a fait la connaissance de son futur mari Dominik, qui est Allemand, à l’école secondaire où il venait faire un échange linguistique. En 2016, le couple a deux beaux enfants, une belle maison et une situation financière confortable mais ronronnante... « On a senti en nous l’envie de prendre un virage et c’est ainsi que nous nous sommes installés dans le canton de Vaud. Mon mari informaticien y avait décroché un poste au centre de recherche lausannois de Nestlé. Il était parti en éclaireur fin 2016. Rapidement, il a compris qu’on avait une place à se faire en Suisse et on a vendu notre maison et stocké le peu qu’il nous restait dans un garde-meuble. Et on a célébré le nouvel an 2017 ici, avec seulement huit gros sacs », se souvient attendrie la Canadienne.

C’est en cherchant à s’intégrer localement et à se rendre utile qu’elle découvre par hasard, au gré d’une simple recherche google, SuperMamans. « Je me suis inscrite immédiatement et deux jours plus tard, je bichonnais déjà ma première maman… » En 2017, Annabelle devient coordinatrice lausannoise de l’association puis trésorière. C’est tout naturellement qu’elle reprend la présidence début 2024. « Notre association compte 1’900 bénévoles en Suisse romande. Notre budget annuel est de 40'000 francs et notre rêve serait d’étendre notre réseau à tout le pays, car la demande est immense. En y répondant en partie, nous apportons notre pierre à l’édifice commun tout en nouant au passage quantité de belles amitiés ! » souligne la bénévole qui donne aussi de son temps au comité de l’école de musique de Prilly, commune où elle réside et chez Impro Suisse.

A côté de cela, Annabelle Franche travaille à temps partiel comme coordinatrice administrative de l’association Panmilar, laquelle propose des cours de préparation à l’accouchement à des parents non francophones et/ou migrants. Si vous êtes intéressés à rejoindre son équipe de SuperMamans, que vous soyez femme ou homme, sachez que vous serez les bienvenus !

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef de février 2025

Ce n’est encore qu’un projet mais il nous fait déjà chaud au cœur et a de très bonnes chances de se concrétiser ! La Municipalité de Lausanne souhaite « rendre hommage à I’engagement visionnaire de Violette Taillens » qui a cofondé avec son mari Paul en 1949 et présidé pendant 20 ans I'Association populaire d'entraide familiale (APEF). Laquelle essaima ailleurs jusqu’à donner naissance à notre faîtière, l’entraide familiale vaudoise. Pour cela, les édiles projettent de baptiser la future place de quartier située au chemin de Montelly, devant le Centre de Vie Enfantine (CVE) : Place Violette-Taillens ! La proposition émane de I'association de quartier « Montelly vit ! ». « Ce projet s'inscrit dans I’engagement pris par la Municipalité de donner plus de place aux femmes dans I'espace public en (re)nommant 30 rues, places et parcs en leur honneur d'ici 2026. Cette action permet aussi d'inscrire leur contribution dans la mémoire collective », a expliqué la municipale socialiste Florence Germond dans un courrier adressé à notre secrétaire générale et directrice Janick Chatelain. Ainsi, entre 2022 et 2024, le nombre de lieux nommés en I'honneur de femmes est passé de 3 à 22 en ville de Lausanne. Notons que Violette Taillens (1912-2006), qui fut également la fondatrice de notre journal, avait été mise à l’honneur dans le livre « 100 femmes qui ont fait Lausanne » en 2021. Le projet de place a été annoncé officiellement le 21 janvier 2025 dans la feuille des avis officiels (FAO) et dans le quotidien 24Heures. ll sera en consultation jusqu'au 22 février prochain et la Municipalité prendra sa décision finale suite aux retours de la population.

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef de février 2025

En marge de notre dernière assemblée générale s’est tenue le 5 novembre dernier à Rolle une conférence d’une vingtaine de minutes, intitulée « Militantisme de guichet » et entraides familiales. Elle était donnée, à l’initiative de Claude-Anne Jaquier, présidente du comité de l’entraide familiale Yverdonnoise, par le professeur honoraire Bernard Voutat et son collègue le Professeur associé assistant Jonathan Miaz. Ces deux sociologues, de l’institut d’études politiques de l’Université de Lausanne, sont les co-auteurs du livre « Militantisme de guichet, perspectives ethnographiques ». « L’idée de cette conférence est d’initier une réflexion sur qui nous sommes et sur ce que nous défendons aujourd’hui », a précisé en guise d’introduction Claude-Anne Jaquier. Le mot « guichet » signifie ici « un dispositif par lequel une organisation militante ou associative dispense une prestation de service à l’intention de personnes appartenant à une population spécifique, membres d’un collectif institué et/ou d’un groupe au nom duquel s’effectue la mobilisation en faveur d’une cause déterminée. » Le diagramme ci-dessous a en particulier marqué les esprits. Il constitue une aide pour nous situer dans la temps et penser l’action collective et les articulations entre la cause, l’organisation et les actions. Notons que l’ouvrage des deux conférenciers est disponible en accès libre derrière ce lien web : www.antipodes.ch/produit/militantismes-de-guichet

Une Typologie des organisation liées au mouvement social

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef de décembre 2024

L’association SuperMamans, basée à Prilly, qui « bichonne » des familles en Suisse depuis plus de 9 ans, vient d’intégrer l’EFV. En 2015, un reportage sur l’action MumAround en France, touche Elisa Kerrache. Cette sage-femme romande, alors nouvelle maman, décide de lancer le concept en Suisse. Le 30 octobre, le groupe Facebook est créé. Elisa Kerrache définit le geste par « bichonnage » et les actrices principales par «MamanABichonner» et «MamanCadeau». Passé six mois, le concept fonctionne si bien qu'elle a besoin d'aide. En février 2016, le rôle de «MamanContact » est donc créé et une équipe de bénévoles recrutée. En mars de la même année est créé le site web, puis les flyers. SuperMamans se constitue sous forme d’association sans but lucratif en décembre 2016. Elle est reconnue d'utilité publique par le canton de Vaud en septembre 2018. SuperMamans fêtera ses 10 ans en octobre 2025. Sa mission est d' offrir un soutien ponctuel à toutes les familles. Le réseau de 1700 bénévoles offre cet appui gratuitement par l'apport d'un repas et d'un moment de discussion. Il offre ce soutien moral et logistique à toutes les familles qui le désirent, de la conception jusqu'à ce que les enfants soient indépendants. Sa présence est un complément aux divers services professionnels, sages-femmes, aides-maternelles, CMS, et associatifs avec lesquels l’association collabore. « En 2023, SuperMamans a bichonné 764 familles dans toute la Suisse romande. Soit 84 de plus qu’en 2022. Parmi ces bichonnages, il y avait 24 bichonnages de soutien (dépression du post-partum, burn-out parental, deuil périnatal) et 38 bichonnages proches aidants (en cas de maladie d’un parent ou d’un enfant). Chaque famille bénéficie le plus souvent de 2 à 6 bichonnages », a récapitulé Annabelle Franche, présidente de l’association avec son enthousiasme communicatif. Son concept fonctionne si bien qu’il a essaimé jusqu’en Allemagne, en France et en Lituanie. Bienvenues à ces décidemment SuperMamans au sein de l’EFV !

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef de décembre 2024

Photo de Nicole Pointet, Ruth Rinsoz, Jean-Luc Andrey et Gilbert Cavin
Nicole Pointet, Ruth Rinsoz, Jean-Luc Andrey et Gilbert Cavin

Le 13 novembre dernier, l’Entraide familiale de Chardonne-Jongny-Mont-Pèlerin célébrait un double anniversaire. Nous y étions. Cela fait 25 ans cette année que l’activité « transports accompagnés » de cette association dessert l’EMS «La Maison du Pèlerin». Et cela fait également 25 ans que la charismatique Ruth Rinsoz préside aux destinées de cette association locale avec l’entregent et la générosité qu’on lui connait. Une trentaine de personnes, dont une vingtaine de chauffeurs bénévoles, ont partagé un succulent repas festif à cette occasion dans la salle à manger « Belle Epoque » de « La Maison du Pèlerin ». Et ce à l’invitation de son directeur Jean-Luc Andrey. Gilbert Cavin, municipal en charge des œuvres sociales de Chardonne et Nicole Pointet, syndique de Jongny et ancienne membre du comité de l’Entraide familiale de Chardonne-Jongny-Mont-Pèlerin étaient de la partie. « Nous avons beaucoup de chance de bénéficier d’un tel service dans nos villages », a relevé l’élue dans son discours. « Il s’agit là d’un travail précieux et utile que nos 90 résidents apprécient beaucoup. Il contribue de plus à maintenir un lien social très porteur », a souligné de son côté Jean-Luc Andrey. « Nous avons la chance de connaître la plupart des habitants de Chardonne et de Jongny et surtout d’être soutenus par nos deux communes à 100% », a encore salué Ruth Rinsoz. Laquelle a rappelé que depuis 2021, les demandes de transports sont gérées par les « 4 roues de Vevey et environs ». Mais aussi que l’entraide continue à s’occuper des transports de l’EMS, du CAT et des urgences. En septembre, elle avait ainsi déjà réalisé 252 trajets, soit 4'660 km pour la « La Maison du Pèlerin ». La présidente a aussi rendu un hommage chaleureux à ses bénévoles « qui exécutent un travail dans l’ombre avec passion, charité et immensément de cœur ». « Ce n’est pas la taille d’une personne qui compte mais la taille de son cœur ! » a conclut la septuagénaire sous les applaudissements.

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef de décembre 2024

Ruth Erismann au volant de sa voiture

Pour Karin Michoud, présidente de l’association d’entraide familiale de la Menthue, « c’est une belle personne et une bénévole exemplaire à la fois dévouée, bienveillante avec chacun, impliquée dans notre organisation et humble que nous allons beaucoup regretter ! » À la fin de cette année, Ruth Erismann quittera en effet son activité de chauffeure bénévole dans le cadre des Transports accompagnés de la Menthue. La résidente de Gossens était active sur ce front depuis sa retraite d’auxiliaire de santé au CMS d’Yvonand prise en 2013.

À 77 ans, la Vaudoise aspire désormais à se recentrer sur les nombreuses autres activités qui la nourrissent en tête desquelles figure l’apiculture. Cette femme de paysans bichonne en effet une quarantaine de ruches et partage d’ailleurs régulièrement son quart de siècle d’expérience en la matière au Rucher-école de Bonvillars. En onze années de transports accompagnés, Ruth Erismann a réalisé aux alentours de 600 trajets aller-retour ! La septuagénaire a aimé ces moments souvent marqués par des partages, parfois intimes, réalisés sous le sceaux de la confidentialité.

Le covid ne lui a pas fait peur

Au fil des ans, elle a conduit beaucoup de bénéficiaires au centre d’accueil temporaire (CAT) d’Yvonand . « Cela m’a permis de faire la connaissance de pas mal de personnes et aussi de réfléchir au temps qui passe et à ce que cela implique potentiellement pour moi aussi en termes de renoncements », explique la bénévole. « Pendant le covid, bien qu’appartenant à une catégorie d’âge à risque, Ruth s’est portée volontaire pour continuer à assurer des transports vitaux comme ceux de personnes ayant besoin d’une dialyse. Son sang-froid et son courage en ces circonstances particulières ont été admirables ! », souligne encore Karin Michoud.

Aujourd’hui, Ruth Erismann est en pleine santé et reconnaissante de l’être. Cette femme, mère de trois grands enfants et grand-mère de huit petits-enfants, s’entretient notamment en participant à la gymnastique une fois par semaine dans son village d’origine de Bioley-Magnoux. Fidèle de nature, elle restera membre de son entraide. Laquelle profite de son départ pour lancer un appel aux futurs chauffeurs bénévoles. Leur équipe en compte actuellement une vingtaine. En 2023, ils étaient 29 et avaient couvert 2’756 transports pour 156 bénéficiaires. Soit presque 92'000 km et surtout une prestation indispensable pour que nombre d’entre eux puissent continuer à vivre dans leurs villages de campagne tant aimés.

« J’ai eu beaucoup de plaisir à charrier ces personnes et parfois à les aider en commission. J’ai eu le sentiment de faire quelque chose d’utile pour ma communauté et c’est très appréciable ! » conclut la future ex-bénévole. Grands mercis et mille bravos à elle !

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef d'octobre 2024

Les joueurs de cartes

« Le plaisir du jeu et de la rencontre ! » Voilà comment peut se résumer le cercle de jeu qu’organise chaque mardi et jeudi depuis une bonne vingtaines d’années l’association d’entraide familiale d’Aigle (AFA). Les séances ont lieu de 14h à 17h et sont ouvertes à tous gratuitement. « Pas besoin d’être membre de l’AFA ni même d’être d’Aigle pour se joindre à nous. Tout le monde est bienvenu ! », rappelle Pascal Equey, jeune retraité de 65 ans qui est responsable du cercle pour l’AFA. Une douzaine de joueurs font partie de son groupe. Ils communiquent entre eux via un groupe WhatsApp ad-hoc. Aujourd’hui, Marie-Thérèse, Charlotte, Ginette, Jacques et une belle dose de bonne humeur sont de la partie. Jacques est un ancien prof de sport des écoles d’Aigle. Il a de l’endurance puisqu’il est le doyen du groupe et le fréquente depuis presque une quinzaine d’années. Ici, le jass et ses différentes variantes, chibre en tête, sont rois. « C’est une excellente gymnastique de l’esprit pour la mémoire. Certain viennent plus pour causer que pour jouer, chambre le fringant nonagénaire. On s’amuse bien. Et puis ce n’est pas évident de trouver des gens qui ont envie de jouer aux cartes et qui en ont le temps. » Les joueurs sont en effet tous retraités. « Depuis que je viens, j’ai vu une dizaine de nos camarades de partie décéder ou partir à l’EMS », constate Jacques pour qui les cartes restent « le seul sport encore praticable avec de l’arthrose ». Leur séance se déroule au 4e étage d’un immeuble de la Place du Marché 4 mis gracieusement à disposition par la municipalité locale. Charlotte, 68 ans et aide-soignante retraitée, vient spécialement de Monthey pour jouir de ce divertissement. Cet après-midi convivial l’est plus encore grâce au thé, café et biscuits prévus pour l’occasion. « Les cartes sont un petit plaisir à ne pas négliger surtout dans nos vies modernes pleines de stress », conclut Ginette, 76 ans avant de distribuer les cartes. Et voilà que notre quintet commence sa partie. Nous nous éclipsons les laissant absorbés dans leur jass. Dans le meilleur d’un passé où l’on avait le temps de prendre son temps. Soit presqu’un luxe aujourd’hui pour beaucoup dans notre monde où tout va si vite…

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef d'octobre 2024

« Je me sens à ma place ! » lâche Julia Macheret tout sourire. En mai dernier, la rayonnante Chablaisienne devenait présidente du comité de l’entraide familiale d’Ollon en remplacement de la très appréciée Chantal Mérinat. L’occasion est belle de vous présenter le parcours de cette Vaudoise de 37 ans. Née en 1987 à Aigle d’un papa charpentier à Savatan pour l’armée et d’une maman au foyer, Julia Macheret a vécu une « enfance heureuse à l’écoute des rythmes de la nature » dans le hameau isolé de Plan d’Essert. « J’étais une vraie fille de la campagne. J’ai grandi entourée d’animaux et enveloppée dans la présence aimante de ma maman. Grâce à elle, je n’ai jamais fait un seul jour de garderie ce qui a été une grande chance dont bien peu d’enfants peuvent bénéficier à notre époque où vivre sur un seul salaire est devenu souvent presque impossible. »

Un bébé qui chamboule tout

Rapidement, cette fille unique cultive son goût des autres. « J’avais de la facilité à entrer en contact avec les gens. J’aimais notamment prendre soin de ma grand-mère maternelle. C’est un peu cela qui m’a poussée à choisir le métier d’infirmière. Mes parents voyageaient beaucoup et cela a aiguisé mon ouverture aux autres, ma curiosité et une certaine capacité à sortir de ma zone de confort. » La jeune femme fait son gymnase à Saint-Maurice où elle est une des premières vaudoises. Deux mois avant d’entrer à l’école d’infirmière en 2009, elle part découvrir l’Australie sac au dos. « Mes parents y avaient vécu cinq années dans leur jeunesse et ma marraine y habitait. »

Peu après son retour, un « évènement pas prévu » dans le planning survient… C’est la naissance d’Evan, son fils unique, aujourd’hui âgé de 12 ans. « Il est mon rayon de soleil et je regrette parfois que les circonstances ne m’aient pas permis d’être davantage encore à ses côtés dans sa petite enfance. Mais son papa et moi étions jeunes et nous nous sommes séparés deux ans après son arrivée. C’est donc en tant que maman solo que j’ai terminé mes études et que j’ai dû travailler pour les financer. C’est grâce à notre fils aussi d’ailleurs que je suis devenue bénéficiaire de l’entraide familiale via les ventes échanges qui me permettaient de faire de bonnes affaires mais surtout de cultiver des liens. »

En 2014, Julia Macheret devenait bénévole elle-même sur la vente-échange puis en 2021, elle intégrait le comité de cette activité phare de l’association. Pour cette femme de gauche, qui est élue PS au conseil communal d’Ollon, qui siège au comité directeur du PS vaudois et à celui des femmes socialistes vaudoises, l’entraide, la solidarité et la capacité à « faire bouger les lignes tout en étant capable de se recentrer sur l’essentiel » est très important.

Un Master en ligne de mire

Après avoir passé huit années en oncologie et radiothérapie à l’hôpital de Rennaz, elle est entrée il y a quelques mois dans une fertile phase de transition. « Je travaille au PBM Center, un cabinet de médecine alternative novateur situé à Montreux. C’est un poste passionnant qui me permettra de préparer en parallèle dès début 2025 un Master en santé publique à l’Uni de Genève. Grâce à ces nouvelles compétences, je disposerai d’une vision plus vaste du système de santé ce qui conférera davantage de pertinence à mes divers engagements… » se réjouit celle qui se définit volontiers comme « un peu hyperactive ». À la tête de l’entraide, appuyée par un comité solide et expérimenté, elle veut faire naitre de nouvelles activités susceptibles de créer du lien et de faciliter la vie des familles. L. Gr

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef d'octobre 2024

Depuis mars 2023, Sylvain Beffa de Pomy a officié comme chauffeur bénévole pour les transports accompagnés de l’Entraide familiale de la Menthue. L’étudiant de 33 ans de la Haute école de travail social et de la santé Lausanne (HETSL) faisait cela dans le cadre de sa 4e année de Bachelor. Il en a tiré un intéressant petit rapport intitulé « Le bénévolat à l’entraide familiale de la Menthue » que nous l’avons lu. Le jeune étudiant y confesse avoir « beaucoup appris de ce bénévolat » au point de projeter de le reprendre une fois diplômé. « Ces transports et le partage social avec les bénéficiaires ont été enrichissants et très positifs dans ma formation de travailleur social », explique-t-il. Cette expérience lui a permis de voir dans le concret se déployer la théorie dite du « développement du pouvoir d’agir et de l’autodétermination ». Grosso modo, l’agir et l’autodétermination permettent de continuer d’exister soi-même et par soi-même par-delà ses limitations. « Sans cette autodétermination, la personne ne vit pas, elle subit le monde qui l’entoure et dépérit », relève Sylvain Beffa. Au cours de son activité, le Vaudois a été amené à transporter une dame en situation de handicap mental vers son travail. Il a réalisé aussi que nombre de bénéficiaires peinent à demander plus d’aide que convenu même lorsqu’ils en auraient besoin. Il soulève aussi cette question intéressante : « Pourquoi la société et la politique, malgré tous les discours sur l’inclusion et la nécessité d’aider autrui, posent autant de contraintes au bénévolat ? » À ce propos, il souligne par exemple le peu de compréhension de la police ou des habitants pour ce qui est d’arrêter son véhicule dans un endroit inadapté le temps d’en faire sortir un bénéficiaire à mobilité réduite. L’universitaire est d’avis « qu’il il est parfois important de contrevenir à certains règlements lorsqu’ils sont, à notre avis, faux afin de faire évoluer les mentalités. » Il revient aussi sur l’importance de porter un regard positif inconditionnel sur soi-même et sur l’autre même lorsque ses propos ou son attitude nous heurte. En conclusion, tout comme la sociologue Dan Ferrand-Bechmann, il rappelle que « le bénévolat peut apporter beaucoup de valeur à celui ou celle qui l’exerce. En exemple, le sentiment d’appartenance au groupe, une possibilité de socialiser ou d’avoir un sentiment d’importance et d’utilité. » Soit des éléments apportant une meilleure estime de soi… « Le bénévolat est une manière de s’inscrire dans la société sans avoir une pression sociale de performance », rappelle-t-il enfin.

Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef

Rapport de Sylvain Beffat « Travial crédits libres : Le Bénévolat à l'entraide familiale de la Menthue»