Villeneuve - Plaine du Rhône
téléphone : 079 732 06 43
Services
- Atelier mémoire
Stéphanie Strappazon - 079 736 19 96 - Chaîne de lecture
Patricia Aebischer - 078 870 01 67 - Jardin d'enfants « La Marelle » - 8h-11h30 du lundi au vendredi
Pour les enfants de 30 mois à l’âge scolaire. Bien-être et éveil inspiré de la pédagogie Pistoia. Ateliers créatifs. Ateliers Mouvement. Ateliers émotions. Ateliers livres.Accueil sur inscription.
- Repas à domicile
Martine Schmahl - 079 776 13 61 - TricoThé
Patricia Aebischer - 078 870 01 67
Comité
| Présidente Pythoud Myriam | Caissier Gérard Wiser | Secrétaire Cornet Dominique |
MembresBaillif-Grognuz Corinne, Strappazzon Stéphanie | ||
À la Marelle de Villeneuve, elle est la femme de la situation

Du côté de l’entraide familiale de Villeneuve et Plaine du Rhône on vous le dira sur tous les tons : « Mélissa est la perle de la Marelle ! » Dans ce jardin d’enfants, géré par cette association locale, dont elle a pris les rênes en août 2023, la Vaudoise de 38 ans est la femme de la situation. À la bonne place au bon moment ! Lorsque nous avions réalisé un reportage à la Marelle en février 2024, cette structure, dédiée aux enfants de 30 mois jusqu’à l’entrée scolaire peinait à se remplir. Deux ans plus tard, elle affiche complet et a même ouvert cette année deux après-midis en plus des habituelles cinq matinées par semaine. L’enthousiasme, l’énergie et la passion de notre hôte, n’y sont pas pour rien. À notre demande, elle se raconte autour d’un café dans son bureau, tandis que dehors une ribambelle d’enfants testent leur équilibre sur la nouvelle structure de jeu offerte par la Loterie Romande. Mélissa est très reconnaissante de ce don, et s’est donnée beaucoup de mal pour que tout soit réalisé dans les temps, et selon les normes sécuritaires demandés pour une structure d’accueil.
Pour Mélissa Birbaum, son métier a presque toujours été « une évidence ». Gamine déjà, elle s’occupait de sa sœur jumelle, née comme elle grande prématurée et qui en avait conservé, les premières années, quelques soucis de retard de développement. Puis, 5 ans après, elle materne aussi sa petite sœur comme une vraie poupée. La petite vaudoise évolue dans une fratrie de quatre, où le partage et l’altruisme s’imposent tout naturellement comme des valeurs cardinales. « Cela m’a forgée pour devenir éducatrice de l’enfance », constate-t-elle à postériori dans un sourire. Son père est cadre dans l’industrie et sa maman indépendante, ouvre un magasin de puériculture. « J’ai été bercée au milieu des cartons de body et des poussettes en kit ». Ils ont la judicieuse idée d’inscrire leurs enfants aux scouts, une véritable « école de vie », selon l’expression consacrée. « J’y ai passé 15 ans. Là, j’ai appris à cultiver la responsabilité, l’entraide, la tolérance à la différence et l’autonomie. On était parfois lâchés toute une journée voire plus dans la nature avec une carte, une boussole et une destination. Je ne sais pas si cela se passe encore ainsi aujourd’hui », s’amuse la trentenaire, qui en a gardé une grande débrouillardise et une belle confiance en elle. Des valeurs qui sont chères à l’entraide Familiale et qui résonnent très fortement en elle lorsqu’elle s’engage en 2023.
Une vocation née tôt
À l’école, elle est plutôt douée. Au Gymnase de Burier, où elle choisit comme options psychologie et philosophie, aussi. À côté, elle fait déjà pas mal de babysitting avec plaisir. Elle a eu la chance de savoir ce qu’elle voulait faire très jeune. Ses trois années à l’ESEDE, l’Ecole supérieure d'éducatrices et d'éducateurs de l'enfance de Lausanne, constituent alors la voie royale vers la profession. Cela la conforte dans son choix. Elle en sort à 21 ans riche d’une déjà belle expérience auprès d’enfants de toutes tranches d’âge. Et c’est illico qu’elle est embauchée à la Fondation de l'Accueil Collectif de la petite Enfance de Montreux et Environs, où elle avait marqué les esprits précédemment lors d’un de ses stages de formation. Elle y passera 13 ans jusqu’à devenir Formatrice en entreprise pour les apprentis CFC Ase puis formatrice à la communication gestuelle, au sein du centre de formation Educaplus à Montreux. Finalement, elle sera embauchée par le comité de l’Entraide familiale de Villeneuve pour la gestion du jardin d’enfants La Marelle, une suite logique dans sa progression professionnelle.
Avant cela, en 2015, Mélissa Birbaum devient elle-même maman. L’expérience la transforme et vient étoffer son expertise. « Avant l’arrivée d’Arsène, et malgré mon expérience, j’avais plein de beaux principes, mais maman et éducatrice, ce n’est pas le même métier, constate amusée la Vaudoise. Une fois mère, je suis devenue plus bienveillante et tolérante encore avec les autres mamans… » À la Marelle, Mélissa Birbaum est multi casquettes et multi tâches et c’est ce qui la porte pour toujours aller de l’avant. Un projet après l’autre, la gestion d’équipe, tout l’administratif. « C’est une petite usine à faire tourner ! Mais j’ai beaucoup de chance d’avoir une équipe en or et un comité qui est très reconnaissant de mon travail », résume-t-elle avec son optimisme coutumier.
Des enfants plus difficiles
Elle constate que les enfants d’aujourd’hui sont souvent plus difficiles à encadrer que leurs ainés. À notre époque où les parents n’ont bien souvent pas assez de temps, et où les écrans sont omniprésents, la professionnelle doit souvent « expliquer et marteler quelques règles de base et ne jamais lâcher ». C’est chronophage et énergivore, mais le plus souvent ça marche ! Ainsi, le plus beau compliment que la directrice de la Marelle reçoit souvent est : « Bravo ! On voit qu’ils sont passés par chez vous ! » Et il émane de maitresses d’école enfantine, trop heureuses de voir arriver dans leurs classes des enfants aptes à la vie de groupe.
La Lausannoise de naissance, et qui réside désormais à Chessel, est aux premières loges pour observer certaines évolutions sociétales. Entre ses débuts et aujourd’hui, elle constate que plus de parents sont démunis et n’appliquent pas toujours les bons messages à leurs enfants sur des sujets aussi cruciaux que l’alimentation, le sommeil, l’autorité ou l’exposition aux écrans. « Dans les textes pédagogiques, on trouve tout et son contraire ! Et on peut faire des parallèles plus que douteux, comme en exemple avec la pédagogie positive, qui n’est en aucun cas tout accepter et ne pas mettre de cadre à son enfant. Au final, c’est parfois difficile en tant que parent de s’y retrouver ! » Elle constate aussi que la baisse du pouvoir d’achat commence à avoir des effets de plus en plus délétères sur de plus en plus de personnes. « Il arrive désormais que des parents renoncent à une journée de garde car ils ne peuvent tout simplement plus se la permettre, bien que nos tarifs forfaitaires de 115 francs pour 4 matinées soient littéralement imbattables au regard de la concurrence, et ce grâce au soutien des communes de Chessel, Noville, Rennaz, Roche et Villeneuve! »
A côté de son poste, Mélissa travaille comme comme serveuse au restaurant « la boveyre » à Epinassey (VS), de sa mère, s’occupe de son fils, et pratique des loisirs de détentes (yoga et fitness) pour recharger les batteries et être au top de sa forme au quotidien.
À la Marelle, ça sent l’enfance heureuse !
Lancé en 2021, le Jardin d’enfants La Marelle de Villeneuve est géré par la section locale de l’entraide familiale vaudoise. Reportage avec ses éducatrices dans ses beaux locaux flambant neufs.
Ici ça sent l’enfance heureuse ! Voilà ce qu’on se dit en entrant dans les locaux flambant neufs du jardin d’enfants. À la Marelle en ce joli matin de la fin mai, une dizaine d’enfants nous ont précédés là aux pieds du vignoble local. Mélissa Birbaum et ses collègues ont le sourire contagieux et l’œil pétillant. Elles accueillent tout en douceur les enfants. Ces petits s’assoient en rond sans se presser sur un tapis confortable. Monsieur Pétard, une marionnette qui est aussi un peu la mascotte des lieux, leur souhaite la bienvenue dans les rires et les échanges. C’est Mélissa Birbaum, qui l’anime. Elle est éducatrice de l’enfance de formation et riche notamment de 13 années d’expérience à la Fondation de l'Accueil Collectif de la petite Enfance de Montreux et Environs (Faceme), Melissa a pris ses fonctions de responsable au sein de la Marelle en août 2023.
Une pédagogie de la créativité
À la Marelle, l’équipe s’inspire des méthodes élaborées par Loris Malaguzzi (1920-1994), pédagogue à Pistoia. Fondée en Italie voici un demi-siècle, elle permet à l’enfant d’exercer son imagination, son besoin de créativité et soutient ainsi toutes ses potentialités en lui proposant un lieu de découverte avec du matériel varié en tout genre (jeux symboliques, matériel de récupération, jeu d’exercice, jeu de société, etc.). Ces structures éducatives ont remporté un tel succès qu’elles ont essaimé dans toute l’Europe, en Amérique du Nord et même jusqu’au Japon. À Villeneuve, des activités cuisine et éveil aux livres une fois par semaine viennent parfaire cette offre. Sans oublier toutes les activités comme la peinture, le bricolage, la musique, la pâte à modeler, la table lumineuse, etc.
Ce jardin d’enfants peut accueillir 15 enfants par matinée, âgés de 24 mois à l’âge scolaire. Il joue un rôle essentiel pour la socialisation des enfants, pour leur apprendre les règles de la vie en société. De plus en plus des pédiatres nous demandent d’accueillir des enfants ayant besoin d'une aide spécifique pour leur donner une chance de s’épanouir dans le monde. C’est aussi une belle opportunité pour les enfants allophones de se familiariser avec la langue française. Cette structure propose également un accueil d’urgence permettant aux parents ayant des rendez-vous médicaux ou autres de confier leur enfant en toute sécurité.
Des places encore disponible
La nouvelle situation des locaux de la Marelle est proche de l’école dans le quartier populaire et multiculturel sise « Sous le Scex ». La structure est agrémentée d’un beau jardin proche de la forêt. À la Marelle, les tarifs sont attractifs. Les parents déboursent par exemple 100 fr par mois pour une demi-journée par semaine ce qui représente CHF 8.00 de l’heure. Ce nouvel espace ouvert en août 2022 a pu être aménagé grâce à l’entraide familiale de Villeneuve et Plaine du Rhône et du soutien des communes de Chessel, Noville, Rennaz, Roche et Villeneuve. Et il reste encore des places disponibles. Avis aux amateurs !
Si le jardin d’enfants « La Marelle » est géré par l’association de l’entraide familiale de Villeneuve et plaine du Rhône, la section s’occupe aussi de la livraison des repas à domicile pour les personnes qui en ont besoin, elle propose encore un atelier mémoire et une chaîne du livre. La commune de Villeneuve construit en ce moment une maison qui offrira des locaux aux différentes associations locales dont l’entraide de Villeneuve et plaine du Rhône espère bien profiter pour mettre sur pied de nouveaux projets.
La Rédaction du jef
Le Repair Café de Villeneuve attise la durabilité
C’est une petite activité qui ne paie pas de mine, mais furieusement dans l’air du temps, et que propose l’entraide familiale de Villeneuve et Plaine du Rhône. Les « Repair Cafés », soit « Cafés de réparation » en bon français, ces réunions aux cours desquelles des quidams apportent leurs objets à réparer à des bricoleurs de talent, naissent aux Pays-Bas en 2009, à l'initiative de Martine Postma. C’est en effet cette année-là à Amsterdam, que cette militante pour la durabilité locale organise le tout premier. Le succès est immédiat et fait boule de neige. Il amène la Hollandaise à créer la Fondation Repair Café en 2011. Son objectif est de soutenir le mouvement mondial de lutte contre le gaspillage. Le concept est importé en Suisse dès 2013 par la Fédération Romande des Consommateurs. C’est d’ailleurs avec l’aide de la puissante FRC que l’entraide de Villeneuve se lance en 2018.
« L’idée découlait des marchés gratuits, que nous organisions précédemment. Là, les gens amenaient des choses à donner. Mais, on s’est vite rendu compte que bien souvent, ces articles avaient aussi besoin d’une bonne réparation. Nous avons donc décidé de mettre sur pied notre premier Repair Café », se souvient Myriam Pythoud. La Présidente de l’entraide familiale de Villeneuve et Plaine du Rhône a longtemps eu la responsabilité de cette petite activité. Laquelle a été reprise à l’automne dernier par Thierry Bertholet, un des cinq réparateurs bénévoles. « Tous sont retraités sauf un, qui est professeur à l’Ecole des Métiers, ce qui permet à notre équipe d’être toujours bien outillée. L’un de nos autres bénévoles est une sorte de Géo Trouvetou, capable de fabriquer des outils spécifiques permettant telle ou telle réparation », s’enthousiasme Myriam Pythoud.

Une initiative qui a de l’avenir
Le Repair Café est mis sur pied deux fois l’an, à la nouvelle maison de commune intergénérationnelle, située derrière l’église de Villeneuve. « Le dernier l’a été le 28 février 2026 et le suivant aura lieu courant mai, à une date encore à définir. Mais nous ambitionnons à l’avenir de passer à quatre éditions annuelles », précise Madame Pythoud. Lors des éditions printanières, l’association Pro Velo met gratuitement à disposition ses compétences en matière de réparation de cycles. Notons cependant que les prestations du Repair Café peuvent faire l’objet de dons, lesquels viennent ensuite financer l’activité. La manifestation est aussi prétexte à créer du lien social autour d’une petite buvette.
Le plus souvent, les clients viennent avec des appareils électroniques ou électriques, tels que des imprimantes, de vieux radios cassettes, des bouilloires ou des machines à café. Ils sont généralement une dizaine par édition, ce qui permet de prendre le temps de répondre à leurs besoins spécifiques. « L’objectif est aussi de les décomplexer et de leur montrer que ce n’est pas forcément toujours bien compliqué que l’on croit d’apprendre à réparer soi-même », conclut Myriam Pythoud
À noter que la FRC a développé un kit destiné à se lancer et à faciliter le travail des personnes souhaitant mettre sur pied un Repair Café. En parallèle, la fédération propose son expertise de terrain, une assurance RC ainsi que de la promotion dans ses canaux d’information. Et ça marche! En 2022 par exemple, ce sont pas moins d’une centaine de Repair Cafés qui ont été organisés partout en Suisse romande. C’est un joli succès très concret pour l’économie circulaire !
Laurent Grabet, Rédacteur en chef du jef
Article paru dans le jef de février 2026

